La sensation qu’un moment pourrait durer infiniment, c’est quelque chose qui arrive souvent avec le plaisir et la douleur j’ai l’impression.
Ou alors c’est le cas pour tous les sentiments qui durent un peu, de donner cette impression de rentrer dans un état? Comme si ça se diffusait dans mon corps, dans ma mémoire, dans ma façon de pensée, de voir, mes sens. Comme une réactualisation de mes perceptions à chaque émotion qui dure.
Par exemple quand j’ai de la nausée si ça dure plus de quelques minutes j’ai l’impression de me préparer à ce que ça dure toujours? Ou longtemps en tout cas.
J’ai l’impression que le plaisir et la douleur, comme quelque chose que je ressens d’un coup, où je peux me dire “ah wah je me sens vraiment bien là ou vraiment mal”, ça rend encore plus fort ce truc d’infini. Peut-être que comme l’émotion est intense ça change quelque chose à ma perception du temps
J’ai l’impression quand je me sens bien ou mal j’ai tendance à me le dire assez vite. Comme si le sentiment était assez fort pour arriver jusqu’à la partie de mon cerveau qui transforme des trucs que je ressens en mots. Le fait de me donner cette information (là je me sens bien ou là je me sens mal) je me demande si c’est mon corps qui me demande de réagir à partir de ça. Faire un truc pour continuer à ressentir du plaisir ou arrêter la douleur. Je pense c’est un truc super logique que je fais tout le temps, je ressens de la douleur je cherche la source et j’essaye au plus vite de m’en éloigner couper le contact avec. Et le plaisir, je comprends ce qui me donne du plaisir et je cherche une façon de continuer à recevoir ses stimuli. Comme pour nourrir un flux continu, ou continuer un ping-pong un échange d’actions réactions qui me fait du bien.
Souvent je me retrouve à chercher la bonne distance par rapport à ce qui me donne du plaisir. Par exemple j’ai ce truc qui m’arrive parfois de sentir des frissons intenses de relaxation sur le crane quand je suis avec une autre personne et qu’on se penche ensemble sur un problème à résoudre ou qu’on essaye de comprendre le fonctionnement de quelque chose. Dans ces moments-là je ressens un sentiment d’apaisement intense et en même de concentration où mes sens sont en éveil. Dans ces moments-là ’essaye de faire que la situation dure un peu, souvent en montrant que je suis intéressée par donner du temps pour le truc sur lequel on est en train de se pencher, sans trop intervenir non plus comme si j’essayais de rester observatrice, mais quand même légèrement actrice pour pouvoir continuer à donner des inputs qui fasse durer le moment avec le personne. Souvent ça marche quand la personne ne me prend pas trop en compte, justement on est plutôt en train de regarder quelque chose ensemble soit un objet entre nous ou quelque chose de mental autour duquel on tourne et je ressens ce truc de relation et de distance entre la personne, l’objet de la discussion et moi
Le fait de reconnaître cette situation quand elle arrive ça change vraiment quelque chose pour moi, ce truc d’envie de faire durer le plaisir prend une petite place assez importante dans ce que je fais ça transforme comment j’interagis avec ce qui m’entoure. Et en même temps c’est dans la continuité de comment je me sentais avant les premiers frissons, je me sentais déjà bien avant qu’ils arrivent, c’est plus comme une évolution vers quelque chose de physiquement agréable.
Et aussi c’est une situation de plaisir où je me laisse porter mais l’intensité n’est pas assez forte pour que j’ai l’impression de ne plus être libre de mes réactions, c’est plus comme quelque chose de fragile, un triangle d’attention entre trois choses, qui arrive presque par hasard. J’ai aussi fortement l’impression que c’est aussi agréable pour la personne avec qui je suis. C’est une sorte d’équilibre. Ca ne pourrait pas marcher si je n’ai pas l’impression que l’autre personne se sente bien / prend du plaisir dans le moment.
Du coup oui la personne avec qui je suis a aussi sa part dans le fait de continuer ce moment. Mais peut-être que ce désir de faire durer des choses peut prendre encore plus de place quand par exemple deux personnes le font consciemment l’une pour l’autre.